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Taux : absence de réaction des T-Bonds à un PPI qui flambe vers 6%
information fournie par AOF 13/05/2026 à 17:52

(Zonebourse.com) - Double surprise ce mercredi, avec un sévère dérapage de du "PPI" (un très bon précurseur du "CPI", indice des prix à la consommation) qui ressort à 6% en rythme annuel... et une réaction à peine marqué des T-Bonds, pourtant confrontés à une "stat" qui n'était en aucun cas attendue à de tels niveaux.

Le "10 ans" se tend de 2,3 points vers 4,488% (au plus près du seuil critique des 4,50%), le "30 ans" affiche 2 points à 5,049% et le "2 ans" ne décale que de 1 point symbolique, à 4,006% (c'est vraiment très peu).

Mohammed El-Erian, conseiller économique chez Allianz et considéré comme le "tsar" de l'obligataire aux Etats-Unis, s'étonne de l'absence de réaction significative du marché obligataire face au chiffre incandescent du PPI américain.

Ceci pourrait bien résulter d'une combinaison de facteurs : un narratif persistant qui qualifie l'inflation de "transitoire" (on se souvient du succès de cette thèse durant l'été 2021), des préoccupations croissantes sur la croissance (la FED ne montera pas les taux pour ne pas durcir les "conditions financières"), ainsi que la capacité d'intervention de la FED sur le marché sous forme de "contrôle de la courbe des taux".

Mais tout semble pointer vers un facteur qui rend Wall Street invulnérable : la complaisance. Complaisance d'autant plus paradoxale que des rumeurs de reprise du conflit dans le Golfe persique circulent avec insistance depuis une semaine : il faudra des avancées spectaculaires suite aux entrevues Trump Xi-Jinping (qui ferait pression sur son allié iranien) pour que le détroit d'Ormuz rouvre sans que les bombardements reprennent (même minimisés par Trump, les dégâts causés pourraient aggraver les pénuries de façon durable).

Dans le détail, la poussée des prix de l'énergie se retrouve clairement dans les prix à la production américains, qui viennent de ressortir en hausse annuelle de 6% pour le mois d'avril, en forte accélération par rapport à 4,3% en mars.

En rythme séquentiel, les prix producteurs aux Etats-Unis se sont accrus de 1,4% le mois dernier, soit leur plus forte hausse depuis mars 2022, bien au-dessus du consensus qui n'était que de 0,5%, sous l'effet principalement d'un bond de 7,8% des prix de l'énergie.

L'inflation "core" prend également son envol et franchit le cap des 5%, à 5,2% contre 4,3% anticipé, soit le plus fort écart par rapport à une estimation depuis... 2021.

En Europe, le chômage progresse, les perspectives de croissance se dégradent, mais l'Allemagne exclut de se retrouver confrontée à des problèmes d'approvisionnement énergétique (carburants, gaz, kérosène, etc.) d'ici la fin de l'année (malgré des stocks au plus bas dans tous les secteurs).

Petite journée sur les marchés obligataires européens qui digèrent leur forte dégradation de la veille : nos OAT rajoutent 0,6 point à 3,74%, les Bunds 1 points à 3,11% (63 points de "spread" par rapport à nos OAT), les BTP italiens sont stables à 3,875% (après 10 points la veille).

Les "Gilts" britanniques ont fusé jusque vers 5,116% alors que le mandat de 1er Ministre de Keir Starmer est en sursis... mais le patron de la Bank of England calme le jeu (le "10 ans" efface 3,4Pts de base vers 5,069%) en expliquant qu'il est difficile de contenir l'inflation avec des hausses de taux et que durcir les conditions financières peut avoir plus d'inconvénients que d'avantages dans une économie qui ralentit.

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